Durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Malo occupe une position stratégique pour l’armée allemande. Intégrée au dispositif du Mur de l’Atlantique, la cité est progressivement transformée en forteresse, avec des ouvrages défensifs érigés notamment à Alet, sur la côte et à Cézembre.
À l’été 1944, plus de deux mois après le Débarquement allié en Normandie, les forces allemandes reculent à travers la France. La Troisième armée américaine du général Patton progresse vers l’Ouest et les combats atteignent la région malouine.
À partir du 6 août, l’offensive alliée se déploie autour de Saint-Malo. Pendant dix jours, la ville vit au rythme des combats et des bombardements. Les maisons brûlent, les bâtiments s’effondrent et Intra-Muros est ravagée, tandis que les habitants trouvent refuge dans les caves et les abris.
Le 13 août, le Fort National est libéré. Dix-huit des 380 civils qui y avaient été retenus perdent la vie sous les bombardements ou des suites de leurs blessures. Le lendemain, Intra-Muros est à son tour libérée. Les forces allemandes restent cependant retranchées à la Cité d’Alet jusqu’au 17 août 1944.
Ce jour-là, après quatre années d’occupation et dix jours de combats particulièrement violents, le drapeau blanc est hissé au-dessus de la forteresse d’Alet. À 15 h 10, le colonel Andreas von Aulock dépose les armes et, avec lui, 571 hommes de la garnison allemande se rendent. Saint-Malo est libérée.
La liberté retrouvée laisse cependant derrière elle une ville dévastée et des familles endeuillées. Commence alors une nouvelle bataille : celle de la reconstruction. Pierre après pierre, Saint-Malo renaît de ses ruines au cours des décennies suivantes.



82 ans après, Saint-Malo se souvient
Ce lundi 17 août 2026, 82 ans jour pour jour après la Libération de Saint-Malo, la cérémonie commémorative s’est tenue sur l’esplanade de la 83e Division d’Infanterie Américaine, à la Cité d’Alet.
Élus, représentants des autorités civiles et militaires, associations patriotiques, porte-drapeaux et Malouins se sont réunis pour honorer la mémoire des soldats alliés, des résistants, des victimes civiles et de toutes celles et ceux qui ont contribué à maintenir vivant l’espoir de la Libération.
La cérémonie a notamment permis de rappeler le lourd tribut payé par les forces alliées lors de l’offensive, mais également l’engagement de la Résistance malouine. Pierre de Malvilain, Jean Andréis, Alain Lefort, Jeannine Hercouet-Leclerc, Pierre Heger, Jean Marguerite, Gaston Buy et tant d’autres ont, par leurs actions et leur courage, participé au combat pour la liberté.
« C’est cela, le devoir de mémoire »
82 ans après la Libération, la transmission de cette histoire aux nouvelles générations était au cœur de la cérémonie.
Dans son discours, le maire Gilles Lurton a rappelé combien ce travail de transmission devient essentiel à mesure que disparaissent les derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale :
« Bientôt viendra le temps où plus personne ne pourra dire : “J’y étais.” Alors, il faudra que quelqu’un puisse encore dire : “Je sais.” Je sais ce qui s’est passé. Je sais pourquoi ils se sont battus. Je sais ce que la liberté a coûté. Et je sais pourquoi nous devons la défendre. C’est cela, le devoir de mémoire. »
Une mémoire qui ne doit pas rester figée dans le passé, mais continuer à éclairer les générations présentes et futures. Comme l’a également souligné le maire, « la liberté ne nous est pas seulement léguée, elle nous est confiée ».
À travers cette commémoration, Saint-Malo perpétue ainsi le souvenir de celles et ceux qui ont combattu et souffert pour sa Libération et rappelle la valeur d’un héritage aussi précieux que fragile : celui de la liberté.









[Retrouvez le discours du maire Gilles Lurton, prononcé lors de la célébration du 82ᵉ anniversaire de la Libération de Saint-Malo]