Saint-Malo se souvient
Il y a 82 ans, alors que les combats pour la libération de Saint-Malo faisaient rage, 380 hommes âgés de 18 à 60 ans étaient arrêtés sur ordre du colonel Andreas von Aulock, commandant de la place forte de Saint-Malo.
Policiers, gendarmes, pompiers, artisans, commerçants, employés ou simples passants : tous furent d’abord enfermés dans la tour Quic-en-Groigne avant d’être transférés, le 7 août 1944, au Fort National.
Retenus au cœur des combats dans des conditions particulièrement difficiles, ils subirent durant plusieurs jours la chaleur, le manque de ressources, l’incertitude et les bombardements.
Le 9 août, vers 20 h 30, un obus explosa dans la cour du Fort, tuant neuf hommes sur le coup et faisant une vingtaine de blessés. Malgré les secours organisés avec les faibles moyens disponibles, plusieurs blessés succombèrent dans les heures et les jours suivants.
Le 13 août, alors que les bombardements s’intensifiaient, une dernière victime perdit la vie. Au total, 18 civils malouins moururent au Fort National ou des suites de leurs blessures. Quelques heures plus tard, les internés purent enfin quitter les lieux.
Quatre jours après leur libération, le 17 août 1944, Saint-Malo retrouvait à son tour sa liberté.





Un hommage aux victimes et à leurs familles
Réunis au Fort National ce jeudi 13 août, familles et descendants des victimes, représentants des associations patriotiques, porte-drapeaux et Malouins ont rendu hommage à celles et ceux qui ont vécu ces heures tragiques de l’histoire de la cité.
À l’occasion de la cérémonie, le Groupe Vocal des Corsaires Malouin a également interprété plusieurs chants a cappella en hommage aux internés du Fort National et aux victimes.
Dans son discours, le maire de Saint-Malo, Gilles Lurton, a rappelé l’importance de préserver et de transmettre cette mémoire :
« Aujourd’hui, notre présence leur dit une chose simple : nous ne les oublions pas. Nous n’oublions pas leur destin. Nous n’oublions pas les souffrances endurées par la population malouine. Nous n’oublions pas le prix immense payé par notre ville pour retrouver la paix. »
La cérémonie a également été l’occasion de rappeler les noms des 18 victimes, autant de vies et de destins qui appartiennent désormais à la mémoire collective malouine.
82 ans après ces événements, Saint-Malo continue ainsi de faire vivre le souvenir des victimes et de transmettre aux générations futures cette page douloureuse de son histoire. Un devoir de mémoire indissociable des valeurs de paix, de liberté et de fraternité.



